LE RISQUE D’AIMER – THE RISK OF LOVE

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English version after the French one.

Une femme pleure, se désespère et se sent tout à coup vide, anéantie, privée soudainement et cruellement de soleil et d’eau. Pendant des années, elle s’est donnée, elle a cru et espéré. Aujourd’hui, le verbe aimer n’a plus du tout la même saveur…sa richesse a disparu et son image a terni. Elle ne peut que dire et croire désormais qu’aimer n’est que souffrance…d’ailleurs, à quoi sert-il d’aimer et de s’abandonner ainsi totalement, si ce n’est que pour se retrouver les mains vides, le coeur en mille morceaux, le corps tout refroidi et l’âme toute croche?

Puisque je ne possède que si peu de réponses sur la vie et l’amour, dites-moi : est-ce aimer qui est souffrance, ou est-ce les départs ingrats et cruels qui le sont? Je me le suis demandé bien des fois…pour finalement me souvenir de cette phrase de ma mère : « Ce n’est pas aimer qui fait mal, c’est de trop aimer ou de mal aimer. ». Malheureusement, je suis tombée si souvent dans le « trop » et le « mal »…mais comme Piaf chantait  »…à chaque fois j’y crois et j’y croirai toujours, ça sert à ça l’amour. ».  Eh oui, on donne tellement de nous…jusqu’à nous oublier…pour qui et pour quoi? Est-ce pour nous ou pour l’autre? Pourtant, aimer c’est risquer de souffrir et souffrir est risquer de vivre. Mais sans ce risque de nous abandonner à aimer, vivrions-nous vraiment?

Je l’entends qui pleure, je lis ses mots douloureux qui me déchirent…et je ne peux rien faire, sinon que me taire et partager avec elle un petit bout de son énorme chagrin. Alors doucement, j’ouvre la fenêtre pour laisser entrer l’air…un oiseau vient se poser sur la branche tout près…il chante fort…on dirait que lui aussi sent la tempête qui rugit à l’intérieur de mon amie, ou alors qu’il chante pour elle. Le ciel est bleu-gris ce soir…et demain, soit le soleil brillera ou que la pluie tombera. Claire sera encore très loin, perdue dans une forêt que je ne connais pas, mais qui ressemble à celle qui m’accueillait autrefois, dans une autre vie.

D.A. Lavoie

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247_Tears, Rose and Piano_Jackie

A woman cries in despair and feels very empty, annihilated, suddenly and cruelly bereaved of sun and water. For years, she has given herself, she believed and hoped. Today, the word love does not at all have the same flavor…its wealth has disappeared and its image tarnished. She can only say and believe that love is now only suffering…also, what is it to love and to surrender completely if it is only to find herself empty-handed, the heart into a thousand pieces, the body cooled and the soul all crooked?

Since I have so few answers about life and love tell me : is it love that is suffering, or is it the ungrateful and cruel departures? I asked myself many times…to finally remember this phrase from my mother: « It’s not love that hurts, it’s to love too much or to love wrongly. ». Unfortunately, I fell so often in the « too much » and « wrongly »… but as Piaf sang,  » …each time I believe in love and I always will…that’s what it is for. ». So we give so much…even a far as to forget ourselves. Is it for us or the other? Yet love is to risk pain and suffering is to risk living. But without this risk of abandoning ourselves to love, would we really live?

I hear her cry, I read her painful words that tear me apart…and I can do nothing, except that shut up and share with her a little bit of her enormous grief. Then slowly, I open the window to let the air in.. a bird alights on the branch close… he sings loud…it looks like he also feels ​​the storm roared inside my friend, or so he sings to her. The sky is blue-grey tonight…and tomorrow, the sun will shine or the rain will fall. Claire is still very far away, lost in a forest I do not know, put that resembles the one that greeted me once, in another life.

D.A. Lavoie

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10 réflexions sur “LE RISQUE D’AIMER – THE RISK OF LOVE

  1. Peut-être devrions-nous essayer d’aimer sans nous oublier nous, pour autant. Renier nos différences avec l’être aimé, occulter nos besoins spécifiques ou les siens, ne nous conduit pas forcément à plus d’harmonie, bien au contraire. Peut-être devrions-nous apprendre à aimer avec lucidité. Mais bien sûr, rien n’est garantit. L’amour peut être source de souffrance, mais également de bonheur.

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    1. Bonsoir Yveline…que de sagesse dans tes mors, j’aime beaucoup. L’amour ne peut devenir souffrance que lorsque le verbe aimer se matérialise je crois. Pouvoir en effet être avec l’autre tout en demeurant avec soi-même est la clé je pense d’une relation où l’amour de soi grandit et se reflète ainsi sur l’autre. Merci de ton beau commentaire et gros bisous, Delvi.

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  2. Il est touchant ton texte Delvi, si près de la « réalité » pour chacun de nous. Oui aimer engendre de la souffrance. Déjà, enfant nous connaissons la souffrance de séparation, ce détachement d’avec la mère est souffrance. Pourtant, il le faut pour grandir. Aimer est souffrance, parce que rien ne garantit la longévité d’un amour. Par lassitude, les sentiments peuvent s’étioler. Et personne n’est à l’abri d’une épreuve, d’un divorce, d’un abandon, d’une perte ou d’un deuil.
    Aimer est la prise du risque de connaître la souffrance et les désillusions qui s’y rattachent. A vrai dire, notre peur consciente est de ne pas être aimé. Cependant, notre peur réelle, « inconsciente », est celle d’aimer.
    Quand la vie place devant nous une personne en souffrance, le cœur, les gestes , le regard de compassion , ont plus de valeur que les mots. L’oiseau est porteur d’espoir, avec des ailes on peut voler, bas puis très haut.
    Bonne journée ma douce amie et merci encore pour tes retours très encourageants.
    Bisous de coeur ❤

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    1. Bonsoir Lucia…j’aime bien cette réfleion que tu apportes..la peur consciente de ne pas être aimé et la peur inconsciente d’aimer. Cela dit tellement; je te lis et je me demande toujours admirativement où tu puises tant de sagesse! Je me sens petite là et j’apprends beaucoup de toi…merci. Non, personne n’est à l’abri d’un quelconque départ. La seule chose qui puisse nous permettre d’y survivre souvent, ce sont nos forces intérieures, même celles que nous ne pensons pas avoir en nous. Merci à toi pour tout, bon mercredi et gros bisous…tlire est un plaisir et tu m’honores de ta confiance. Delvi.

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  3. L’amour peut être si ingrat parfois, mais il peut aussi si valorisant, mais jamais on ne peut être différent car aimer et être aimé est le plus beau cadeau que la vie peut nous offrir. Ta mère avait raison de dire que ce n’est pas l’amour qui fait mal mais d’aimer trop ou d’aimer mal et j’ajouterais qu’il faut que l’amour soit aussi grand des deux côtés… Risque d’aimer, c’est risquer d’avoir mal, mais ne pas prendre ce risque comme tu dis, tu n’as rien. Merci Delvi, très bon texte de réflexion mon amie! Gros bisous et à bientôt, Gigi 🙂

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    1. Bonsoir Gigi…l’amour en lui-même n’est pas ingrat…l’amour n’est que l’amour. Ce sont les gens qui partent qui rendent ce bien ingat. Comme je l’ai dit à Colette, l’amour est immatériel, donc il ne peut faire mal. Ce n’est que lorsque nous  »tombons en amour » qu’il devient matériel du fait que nous aimons et que l’amour devient réalité. D’ailleurs, je crois que l’expression de  »tomber en amour » le dit bien…tomber, c’est toujours, souvent en tout cas, quelque chose d’imprévu et même qui tout à coup vient altérer notre marche. L’amour est une grande chose tu sais…il ne peut être souffrance seulement que par l’acte d’aimer. Merci ma douce, bon mercredi et gros bisous. Delvi.

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    1. Salut Mélanie…certain, qui risque rien n’a rien…tout comme qui risque tout, risque aussi de perdre…comme un jeu où on gage…mais l’amour et la vie ne sont pas des jeux, sauf qu’il faut savoir jouer pour en profiter! Merci Mélanie et gros bisous. Delvi.

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  4. J’aime bien la phrase de ta mère Delvi ! Oui, elle avait raison, mais tout comme toi, je dis que sans ce risque de nous abandonner à aimer, vivrions-nous vraiment? Bon lundi tout entier à toi et agréable semaine ! Gros bisous.

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    1. Bonsoir Colette…oui, cette phrase de ma mère, qui était une femme sage, m’est restée,. Ce soir, en plus de dire que ce n’est pas aimer qui fait souffrir, c’est trop ou mal aimer, je dirai aussi que l’amour en lui-même ne peut être souffrance, car il est immatériel. Ce n’est que lorsqu’on « tombe en amour » que cet amour se matérialise, d’ou le risque de souffrir. Là, on est vraiment malpris! Car si nous voulons demeurer des êtres humains dotés de sentiments humains et non robotisés, alors nous nous risquons à aimer, donc à souffrir…mais douce souffrance qui fait mal mais nous fait vivre. Bon ma réponse s’allonge, désolée…ça m’arrive parfois que les mots prennent le contrôle! Lol! Bon mardi et gros bisous, Delvi.

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