CONTINUER DE VIVRE (2) – CONTINUE TO LIVE (2).

Cet article fait suite au premier  »Continuer de vivre » et je le dédie à mon amie Lucia, puisque c’est elle qui m’a gentiment guidé sur ce chemin.

The English version follows the French one.

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— Oui, Edgar se retrouve désormais seul dans ce grand lit froid et vide où ne vivent que des souvenirs. Un seul mot monte à ses lèvres : Élisabeth.  »Comment ferai-je pour continuer? », se demande-t-il.  »Dois-je continuer? Alors, qu’on me dise comment et surtout pourquoi. La vie n’aura plus du tout le même sens maintenant qu’Élisabeth n’est plus là. Que reste-t-il, sinon des sentiments d’inutilité, de culpabilité et même de révolte? Certain/e/s me disent qu’il faut accepter…mais comment peut-on accepter la mort? Celle-ci est physique oui, mais plus encore, ce sont mon coeur et mon âme que ces ravisseurs m’ont enlevé. ».

Amertume, désespoir, remords, regrets, tristesse et ennuis le minent à présent. Du chagrin? Le mot n’est pas assez fort pour dire exactement ce qu’Edgar ressent. C’est plus grand encore. La police lui a bien confirmé qu’un des kidnappeurs avait été arrêté…ce n’était qu’une question d’heures pour que ce dernier dénonce ses complices. Alors, ils seront punis pour leur méfait.  »Punis? Ils ne recevront jamais la punition qui leur serait dû en toute justice. Que récolteront-ils? Quinze ans de prison, plus ou moins, dont ils ne feront que cinq. Tandis que moi, je devrai vivre dans la prison dans laquelle ils m’ont enfermés pour le reste de mes jours! Non, je ne crois pas qu’aucune peine d’emprisonnement puisse adoucir ce meurtre. ».

Tel pense Edgar qui dans sa peine ne voit plus. Qui le sauvera, ou quoi? Il va pleurer sur une tombe qui chaque jour creuse en lui un trou béant dans laquelle plus rien ne subsiste. A-t-on le droit de désirer la mort d’un autre? Le désir de vengeance est-il aussi morbide et inutile qu’on le dit? L’homme s’en fout…il sait que se venger ne lui ramènera pas son épouse. Il quitte chaque matin sa maison pour aller au cimetière…en sera-t-il ainsi pour les années à venir?

Perdu en lui-même, Edgar se tient debout près de cette pierre tombale qu’orne un bouquet de fleurs. Il ferme les yeux pour mieux savourer les larmes qui coulent sur ses joues. Le ciel est gris, le vent lui transperce les os…mais il ne ressent rien. Il semble devenu insensible aux incommodités extérieures. Tient, il s’aperçoit après quelques instants qu’il fait moins froid tout à coup. Un rayon de soleil perce les nuages et vient lui réchauffer le visage, alors qu’un oiseau bleu vient voltiger et se poser juste à côté de son bouquet de fleurs. Edgar jurerait que l’oiseau lui parle et qu’il a la voix d’Élisabeth… »La vie continue, il faut continuer…je serai toujours là, en toi et près de toi. ». Est-ce le vent qui siffle à ses oreilles qui lui joue un tour…il voudrait tellement encore entendre sa voix. Est-ce son imagination qui le fait entendre…ou bien est-ce…?

D.A. Lavoie.

This article follows the first  »Continue to live », and I dedicate it to my friend Lucia, since she is the one who kindly guided me on this path.

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– Yes, Edgar now finds itself alone in this cold and empty bed where only memories live. One word rises to his lips : Elizabeth.  »How will I continue? », does he ask himself.  »Should I continue? So, someone tell me how and most importantly, why to do so. Life will no longer have the same sense now that Elizabeth is no longer there. What remains, except feelings of worthlessness, guilt and even revolt? Some tell me that I must accept…but how can we accept death? It is physical, yes, but more importantly, those kidnappers took away my heart and my soul . ».

Bitterness, despair, remorse, regret, sadness and boredom undermine him now. Grief? The word is not strong enough to say what Edgar exactly feels. This is even greater. The police has confirmed to him that one of the kidnappers had been arrested…it was only a matter of hours before he denounced his accomplices. Then, they will be punished for their wrongdoing.  »Punished? They will never receive the punishment that is due to them, if we talk about justice. What will they get? Fifteen years in prison, more or less, and they will only do five. While me, I will live in the prison where they locked me in for the rest of my days! No, I do not think any sentence can soften this murder. ».

 This is how Edgar thinks in his pain, so he no longer sees. Who will save him or what? He cries on a grave that every day digs a gaping hole in which nothing remains. Does one have the right to desire the death of another? Well, is revenge morbid and useless as they say? The man does not care…he knows that revenge will not bring back his wife. He leaves his house every morning to go to the cemetery…will it always be that way for years to come?

Lost in himself, Edgar stands near the tombstone adorns a bouquet of flowers. He closes his eyes to savor the tears flowing down his cheeks. The sky is gray, the wind penetrates his bones…but he feels nothing. He seems to have became insensitive to external inconveniences. Suddenly, he realizes after a few instants it is less cold. A ray of sunshine breaks through the clouds and comes warm his face, while a blue bird comes resting next to the bouquet of flowers. Edgar could swear that the bird spoke to him and he has the voice of Elizabeth… »Life goes on, so must you continue…I’ll always be there, in you and around you. ». Is it the wind whistling in his ears playing a trick on him…he would love to still hear her voice. Is it his imagination that makes him hearing…or is it…?

D. A. Lavoie.

 

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13 réflexions sur “CONTINUER DE VIVRE (2) – CONTINUE TO LIVE (2).

  1. Oui tu as sans doute raison pour l’espoir, mais il y a la résilience aussi; quand on y pense pour surmonter des épreuves aussi difficiles, ça demande beaucoup de résilience… Bonne fin de soirée et douce nuit mon amie, gros bisous, Gigi 🙂

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  2. Perdre un être cher, c’est déjà difficile, mais le perdre suite à un crime sordide, ce l’est encore plus je crois. Faire son deuil est nécessaire, mais la vie doit continuer. Merci Delvi, très bon texte, triste mais réaliste avec un pointe d’espoir en finale. C’est pourquoi j’aime autant te lire, tu nous donnes toujours au moins le goût d’espérer malgré de grandes souffrances. Gros bisous mon amie, à bientôt, Gigi 🙂

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    1. Bonsoir Gigi…une chose que je ne peux pas toujours saisir se promène…l’espoir…contre tou et envers tout, même sil n’y a plus de rison d’espérer, il ne meurt jamais! La vie doi continuer…mais comment la continuer? Faire son deuil est nécessaire…,mais comment le faire lorsque tu as trop mal? Tu vois, à ces questions, personne ne peut répondre pour l’autre, puisqu’il ne vit pas sa souffrance de la même manière. Si au moins il y avait une recette pour guérir de ce mal qu’est la souffrance! Comme il n’y a pas de guide référenciel égal pour tout le monde, alors le degré de souffrnce est différent pour tous je crois. Merci de ta visite, à bientôt, Delvi.

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  3. Bonjour et merci Delvi,

    Pour tous ceux qui ont subi ces deuils et ces abandons…je leurs conseille , vu mon grand âge, de ne jamais mettre un genou en terre. Je suis une battante, et je n’ai jamais baissé les bras, car il est trop difficile , ensuite de se relever sans séquelles. Je sais chaque être est différent! J’ai beaucoup aidé des amis chers. Mais je m’en suis toujours sortie , seule, comme on escalade une montagne!
    Mais hier , pour la fête de la musique, je suis allée écouter avec des amis « séniors », un ancien des années 60-70, Sylvan (Paul Leoni), qui chante Brassens, Brel, Barbara, et toutes les chansons des auteurs -compositeurs de ce temps, où une chanson était « un poème « lourd de sens, et non une rengaine, mais aussi ses chansons (écouter sur You tube).
    Nous étions dans un restaurant , Place Vauban, très « chic », et ces gens aux cheveux blancs, n’ont pas écouté , ont mangé , bavardé et même se sont plaint . Mes parents ayant été artistes, j’ai compris combien il était dur de l’être, à six , nous lui avons fait une ovation, et nous avons chanté avec lui, mais il était déprimé avec son guitariste. Lui, qui avait été en première partie de Hallyday, François, Brassens, Brel etc…
    Comme il est dur de vieillir…On devient transparent, jusqu’à ne plus exister, comme si les « autres » ne se savaient pas condamnés au même destin…inexorablement. Quelle dérision!
    Je t’embrasse . ne crains rien, je ne capitule jamais.
    Dan

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    1. Tu sais mon amie, ce n’est pas seulement de vieillir qui semble rangé les gens dans la catégorie des  »oubliés ». J’ai vu de très près ces gens que la société oubliait, soit parce qu’ils étaient malades, pauvres ou un peu marginaux…et comme ils ne servent plus à  »produire », alors on les tassent dans un coin. Ces malfheureux n’existent plus, pour ainsi bien dire, car ils ne servent plus. Pourtant, ce sont eux si souvent de qui nous pourrions tant apprendre de cette vie!

      Je sais que tu es une battante et tu peux être fière de toi! Passe une très bonne semaine et gros bisous. Merci pour tout, Delvi.

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  4. Tout d’abord, un grand merci Delvi pour cette dédicace, qui me touche et m’honore.
    La suite de l’histoire, tu l’as merveilleusement imaginée, décrite et écrite.
    Ce que je trouve intéressant et très réussi dans ce texte, c’est qu’on peut facilement s’identifier à Edgar. La succession d’émotions, de ressentis, de questionnements et de désespoir qui le traverse, peuvent être aussi les nôtres.
    Car qui n’a pas été éprouvé à un certain moment de sa vie ?
    Qui pas n’a pas connu la mort d’un être cher, ou la séparation violente d’avec un conjoint.
    Pourtant la vie poursuit son cours, avec son lot de douleur qui nous tenaille. On peut crier « ’vengeance », pleurer de rage, la vie elle, poursuivra son cours. Et il ne reste plus que des deuils à faire pour pouvoir être dans sa course.
    J♥ la chute, l’image de l’oiseau, un clin d’œil à la vie !
    Je dis doc un grand bravo à la talentueuse auteure!
    Bonne semaine et Gros bisous mon amie ❤

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    1. Bonsoir Colette…merci mon Dieu, il a fait très beau aujourd’hui! Vivre un deuil n’est jamais facile. Survivre à une telle tragédie tient d’une sorte de miracle de la vie je crois. Merci à toi et passe un très beau lunid, gros bisous, Delvi.

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    1. Bonsoir Flipperine…la vie continue, d’une manière ou d’une autre…avec ou sans nous. Que reste-t-il après avoir vécu une telle trsagédie comme Edgar a connu? Se peut-il que l’espoir et la vie viennent déposer un baume sur tant douleur? Moi, je crois que oui. Merci de ton commentaire mon mie, j’apprécie beaucoup que tu sois là. Bon lundi et gros bisous, Delvi.

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  5. Extrêmement bien écrit et décrit, en lisant le titre , j’ai ajouté « et pourquoi? »…
    Je suis en osmose avec ce texte, et je félicite l’écrivain pour la justesse de chaque mot qui vient du cœur et des entrailles ouvertes à jamais :plaie béante et souffrance indescriptible.
    Je reviens après un moment de réflexion et de pause pour savoir où j’en suis dans ce parcours escarpé qu’est une vie,tel Sisyphe, je n’en plus de remonter la pente, je m’essouffle, et j’ai envie de cesser cette parodie de vie qui n’a plus de sens, sans vous , mes chers disparus…
    Bises
    Dan

    Aimé par 2 people

    1. Bonsoir ma douce Dan…tu sais, je le sais que parfois la vie semble cruelle et inutile. À quoi s’aggirppe-t-on lorsque la mort et tant de douleurs nous ont esquinté durant tout ce temps?!? Je ne sais ni guérir ni faire de miracles…la seule chose que je te dis est : accroche-toi, car ton voyage n’est pas encore terminé…et quoique tu en penses ou dises, tu es toujours vivante et utile.

      Je te remercie de venir fidèlement me commenter. Tu sais, pour moi la fidélité se bâtit bien plus sur la sincérité que sur de brefs passages. Comme je dis, la qualité vaut mieux que la quantité! Je ne sais si je puis faire un peu mien ce mot d’écrivain, car c’est vomme une chose sacrée pour moi…mais que toi tu me le dises aussi sincèrement me touche beaucoup. Passe un très bon lundi et gros bisous, Delvi.

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